Amiante dans les écoles: pour un recensement citoyen!

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mise à jour n°4 du 21/03/2019 – 17:30

C’est l’article de Libération du 19 mars 2019, signé Marie PIQUEMAL, qui relève le contexte « explosif » de la situation particulièrement dramatique des lieux d’enseignements amiantins.

Visuel illustrant article de libération
Des écoles se trouvent dans des états de délabrement avancé. Dans de nombreuses classes, des dalles contenant de l’amiante se détériorent au sol. Ici à Marseille, en 2016. Photo Patrick Gherdoussi

Comme nous le rappelle la légende de la photo illustrant l’article, un premier soubresaut avait parcouru les média en septembre 2015, avec l’appel « je nous accuse » d’une institutrice de Marseille, Charlotte MAGRI, sous forme de lettre à la ministre de l’éducation. éditée chez STOCKS. En Septembre 2017, l’Auteure émergente, comme elle aime à s’en qualifier, à démissionné de l’éducation nationale. + d’infos sur son site perso

Nous étions en contact avec cette « veilleuse d’alerte » et l’avons accompagné dans ses démarches. Il faut noter qu’à l’époque, la Mairie de Marseille avait renvoyé la balle dans le camps du gouvernement pour « consolider » financièrement le projet de rénovation des écoles insalubres. Cette démarche avait abouti à la création d’un PPP (partenariat public privé) qui vient d’être cassé juridiquement pat le Tribunal Administratif. ( voir le site du collectif)

En 2016, Charlotte MAGRI nous avait confié des photos prises dans son école. C’est ici le contre champ de la photo publiée par Libération. On ne voit pas de colle noire, mais cela ne veut pas dire quelle n’a pas déjà été retirée, par usure locative… Car si on regarde de près, il se pourrait que la colle affleure au droit des lèvres de l’empreinte… L. Baillet, secrétaire de résoA+

Mais c’est avec la mobilisation de la communauté éducative du Lycée Georges BRASSENS de Villeneuve le Roi, dans le Val de Marne, que Marie PIQUEMAL prendra conscience de l’ampleur de la situation. (ici son article du 11 octobre 2018) Comme elle le rappellera, le combat remonte au 23 novembre 2017, le jour où une enseignante découvre dans sa classe , une « mousse blanche » visiblement tombée du plafond…

Hier donc, un nouvel article fait le point sur la situation extraordinairement banale de cet établissement (lire ici « Amiante : au lycée Brassens de Villeneuve-le-Roi, gare au péril« 

Il n’est donc pas étonnant que ce collectif rencontre un soutien de la part des associations de défenses de victimes de l’amiante, plus habituellement sollicitées par des travailleurs exposés « activement » et non « passivement » comme le sont les membres des communautés éducatives, personnels, élèves et parents.

Pour RésoA+, le soutien est tout aussi naturel, puisque dès sa création fin 1999, les statuts inscrivent en sous titre que l’association est le « réseau des acteurs civils et professionnels du bâtiment de haute sécurité sanitaire et environnementale. »

Quant à l’initiative du collectif « URGENCE/AMIANTE/ÉCOLES« , dans l’attente d’un appui technique à la hauteur de l’enjeu, il suffit d’en prendre connaissance, via l’appel qui a retenu notre soutien.

Interdit en France depuis 1997, l’amiante n’a pourtant pas disparu de nos écoles, collèges et lycées. Aujourd’hui, 85% des 63 568 établissements scolaires français pourraient toujours contenir de l’amiante*. La dangerosité de ces fibres invisibles et inodores ne diminue pas avec le temps. Avec le vieillissement du bâti, et les travaux qui tardent parfois, le risque d’une exposition des élèves et de l’ensemble du personnel est plus élevé que par le passé.

Le problème n’est pas suffisamment pris aux sérieux. Tous les établissements devraient légalement avoir un Dossier Technique Amiante (DTA) indiquant où il y a de l’amiante et dans quel état ; or 30% des écoles primaires et maternelles n’ont toujours pas de DTA.
Est-il nécessaire de rappeler que des expositions brèves suffisent pour développer des cancers mortels 30 à 40 ans plus tard ? Ce délai ne contribuerait-il pas à diluer les responsabilités et à perpétuer l’oubli ? Nous refusons tant d’inertie et de cynisme !
Il est urgent d’établir un état des lieux détaillé et exhaustif de l’amiante dans tous les établissements scolaires pour éviter de mettre en danger les élèves et personnels. Et mettre les autorités face à leurs responsabilités.
Seuls les CHSCT exercent aujourd’hui une mission de prévention des risques, et voilà qu’ils sont promis à la disparition à la fin de leur mandature actuelle…

Les responsables politiques ne nous écoutent pas ? Agissons sans eux.
Tout parent d’élève, tout membre du personnel doit pouvoir accéder librement et sans restriction au DTA, conformément à la loi. Agissez en réclamant la fiche récapitulative de ce document au chef d’établissement et en nous envoyant les informations.
Nous lançons une enquête citoyenne sur l’amiante dans les écoles avec le soutien des associations qui accompagnent des victimes et des familles en deuil.
Par le collectif Urgence Amiante Écoles

soutenu par l’ANDEVA, l’AVA, l’Association Henri PézeratBan Asbestos France, la CAVAM, le Comité Anti Amiante Jussieu et le Réso A+

La position de l’ANDEVA au magazine de la santé de santé de FranceInfo le 20 mars 2019

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