#1/33 – 1994 : Et pour l’amiante ? Je suis tombé dedans quand j’étais… parent d’élève!

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Mon premier contact avec le magic minéral, au début de l’année 1990, ce fut comme jeune architecte diplômé, sur le chantier de couverture de la maison des parents de ma compagne, mère de mes enfants. Rénovation d’une couverture de singles en ardoises de fibrociment. Et oui car depuis 1984, l’année de naissance de mon premier fils, #Eternit utilisait ce terme plus soft que celui d’ardoise en amiante-ciment.

Or personne ne m’avait sensibilisé à ce phénomène durant les 13 années de mes études d’architecte débutées en 1976. C’est donc sans scrupule et sans protection que je ménageais un chantier dans un lotissement, sur une toiture de type Mansard, avec obligatoirement des coupes d’angles pour ajuster les arêtiers et les noues de jouées.

Mais ce ne sera qu’en 1994 que le danger se présentât… trop tard. Alors que le Conseil de Parents d’élève suivant de près les travaux de réhabilitation du groupe scolaire, nous apprîmes à la rentrée 1994, par les enseignants, que des travaux de désamiantage de la salle des fêtes avaient été faits « à l’arrache ». Vu que ces travaux ne pouvaient pas être par le personnel municipal, c’est l’entreprise de gros couvre qui sous-traita à une entreprise habilité qui elle sous traita à une entreprise d’insertion.

« Le plafond a été abattu par des jeunes qui travaillaient sans protection semblant ignorer le danger« . Cette affirmation fut publiée le 23 juin 1995 dans le PV du conseil des maitres. le 1er juillet 1995, le résultat de la première analyse d’air tombait: présence d’amiante! Et ceci fut produit en justice lors d’un référé expertise. Ce fut alors ma première expérience personnelle en expertise judiciaire, au titre de partie demanderesse, es qualité de parent d’élève.

le 28 juillet 1995, le Tribunal Administratif de Lille ordonna une expertise la veille de la rentrée scolaire, et missionna un expert de justice pour « se rendre sur place et constater l’état de réalisation des travaux relatifs aux conditions de sécurité (…) ainsi que prendre connaissance des résultats de l’analyse de l’air notamment quant à la présence d’amiante. »

Le 5 septembre 1995, ce fut le premier jour de mon implication civile du restant de ma vie professionnelle, 5 mois avant la parution des décrets jumeaux de la nouvelle réglementation amiante.

Luc BAILLET, demandeur de l’expertise judiciaire, à droite derrière l’Expert. Source La Voix du Nord – 05/09/1995

Les travaux entrepris durant l’été 1995 ont consisté à aspirer les parois de l’ancienne salle des fêtes, puis à surfacter les parois murales. Puis, dans un second temps, à fixer contre ces parois des panneaux de fibres de bois compressées. Enfin, constatant le manque de continuité de cet « encoffrement », un véritable sarcophage fut dressé, en doublage des parois verticale et d’un plafond suspendu à la charpente.

Le 8 aout 1995, La Voix du Nord relate une interview du secrétaire de mairie, quelques semaines avant la réunion d’expertise : Quant à l’ancienne salle de boxe, qui a fait couler beaucoup d’encre en raison de d’amiante dans les murs, elle est entrain d’être « liftée » pour devenir une salle polyvalente. « L’amiante a été refloquée (stabilisée) et recouverte de plaque d’I******. Il nous en coute 1,2 Million de Francs pour cette seule salle« .

L’ex salle des fêtes, fermée pour cause d’amiante dégradé en 1983, ayant servi, en catimini, de salle de boxe avec un vrai ring, , avant son « désamiantage à l’arrache durant l’été 1994.

Verbatim:

Ainsi débute un feuilleton en 33 épisodes qui seront publiés au rythme d’un épisode tous les 2 jours, en prologue de de la « mezzanine de 4 conférences » aménagée par l’association #résoAplus le 28 octobre 2026, entre les salons #BATINOVIA & ASBESTONOMY , pour célébrer les 30 ans de la réglementation amiante