30 ans déjà: la compil c’est ici!

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30 ans que les pionniers de la traque d’amiante sont sortis de la clandestinité. Car avant, les traqueurs étaient de sombres précurseurs, et il se devaient depuis 1982, de respecter la doxa de la gestion contrôlée, après l’omerta médiatique des « grands média » qui s’appuyait alors sur l’officine para-publique du Comité Permanent Amiante.

Ce « Partenarit public-privé » était l’œuvre d’un cabinet de lobbying missionné par les producteurs d’amiante qui observaient le sens de l’histoire d’une part depuis les alertes des années 1970, avec d’autre part l’émergence naturelle de comités anti-amiante dont le plus médiatique fut celui de Jussieu, grâce à l’implication de scientifiques directement concernés comme le toxicologue Henri PÉZERAT.

En 1973 pourtant un incendie spectaculaire avait inopinément boosté involontairement le marché du flocage amiantin. C’était celui d’un collège à ossature métallique employait quelques procédé de constructions dits « innovants ». Or ce modèle « sans amiante » a brulé comme d’un « fétu de paille » et provoqué le décès de 20 personnes dont 16 mineurs. Et comme l’État avait lancé fin des années 1960 une opérations d’envergure pour héberger la vague du « baby boom » déclenché fin des années 1950 1

LA RÉALITÉ DES «Pailleron» les métalliques construits entre 1960 et 1975

Alors comment faire quant, la même année, la « guerre du Kipour » provoque le premier choc pétrolier qui voit s’enflammer le prix du pétrole et par ricocher le prix de l’acier? Comment en même temps remettre en question les modèles de construction modulaire et augmenter la stabilité au feu, sans exploser le budget travaux de l’Éducation Nationale? Eh bien saperlipopette, en floquant tout, le métal comme le béton! mon capitaine.

Cette introduction faite…

… place à la présentation des 11 premiers articles parus sur LINKEDIN afin que si besoin, chacun puisse retrouver certains articles appréciés pour les partager, voire découvrir un article passé entre les mailles de votre filet à provision. Avec si besoins des mises à jour et des compléments en note ou en annexe.

#1/33 – 1994 : Et pour l’amiante ? Je suis tombé dedans quand j’étais… parent d’élève!

Mon premier contact avec le magic minéral, au début de l’année 1990, ce fut comme jeune architecte diplômé, sur le chantier de couverture de la maison des parents de ma compagne, mère de mes enfants. Rénovation d’une couverture de singles en ardoises de fibrociment. Et oui car depuis 1984, l’année de naissance de mon premier fils, #Eternit utilisait ce terme plus soft que celui d’ardoise en amiante-ciment.

NOTES

  1. « Un CES par jour » extrait de l’article de Laurence De COCQ le 6 février 2023
    Comment expliquer un tel cumul de défectuosités dans la sécurité ? Et comment comprendre que rien n’ait été mis en place pour y remédier malgré les alertes ?
    Dès les années 1950, l’institution fait face au phénomène de massification scolaire, c’est-à-dire à l’arrivée en masse d’élèves dans l’enseignement secondaire due à la croissance démographique d’abord mais aussi au volontarisme politique de démocratisation scolaire et d’allongement de l’âge de la scolarisation obligatoire. Selon le célèbre slogan du ministre Christian Fouchet en 1959, il fallait construire « un CES (collège d’enseignement secondaire) par jour, un CET (collège d’enseignement technique) par semaine, un lycée par mois ». De fait, 3225 collèges sont édifiés entre 1965 et 1985, ainsi que 1060 lycées. Construire vite devient un impératif ; mais construire bien beaucoup moins. En 1956 est créée la DESUS, Direction des équipements scolaires, universitaires et sportifs qui a pour objectif de simplifier les procédures et les réglementations. De rationnaliser en somme, surtout économiquement. Par exemple, abandonner les murs porteurs pour leur préférer des poteaux métalliques et poutres assemblées sur la base d’une même trame permet de réaliser 15 à 17 % d’économies indique l’historien Julien Cahon dans l’article « Les politiques d’industrialisation des constructions scolaires et leur remise en cause : l’exemple des lycées publics (1956-1986) ». C’est donc vers cela que se dirige le ministère : la standardisation et le préfabriqué. De fait, rien de plus facile pour construire un établissement en temps record : une structure en béton ou en métal sur laquelle on monte des éléments de planchers et des panneaux de façades. Ne reste plus qu’à mettre en concurrence des entreprises par appels d’offre. C’est ainsi que plus d’une centaine de collèges et lycées ont été construits exactement sur le modèle du CES Pailleron et plus de 700 autres de manière un peu différente mais avec une construction modulaire métallique également. ↩︎